Pàgina:Cansons de la terra (1871).djvu/168

De Viquitexts
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Tenant ses tripes dans ses mains,
Sa mère qu' est au grenier haut,
Voit arriver son fils Renaud.
«Mon fils Renaud, réjouis-toi,
Ta femme est accouché d'un roi.
—Ni de ma femme, ni de mon fils
Mon cœur ne peut se réjoir.
Mére, faites-moi faire un lit
Qui soit bien loin, bien loin d' ici;
Faites-le moi faire si loin
Que ma femme n'en sache rien.»
Or, quand ça vint sur le minuit
Que Renaud eut rendu l'esprit,
Sa mére se mit à pleurer
Et la servante à soupirer.
«Dites-moi, ma mère, ma mie,
Qu' a-ton à tant pleurer ici?
—Ma fille, ce sont tous nos chevaux
Qui sont mors d'hier au tantót.
Mais nos chevaux, ce n' est ça rien,
Paurvu que Renaud se porte bien.
Quand de la guerra il reviendra
De plus beaux il amènera.
—Dites-moi, ma mère, ma mie,
Qu' a-ton à tant cogner ici?
—Ma fille, ce sont les charpentiers
Qui raccommodent nos greniers.
—Dites-moi, ma mére, ma mie,
Qu' a-ton à tant chanter ici?
—Ma fille, ce sont les processions
Qui font le tour de nos maisons.»
Or, quand ça vint sur les dix jours
Que la commère fit ses atours,
Le blanch elle a voulu porter,
Le noir on lui a présenté.
—Dites-moi, ma mére, ma mie,
Pourquoi me change-t-on d' habits?
—Prenez-le blanc, prenez-le gris,
Le noir est beaucoup plus joli.»
Les enfants la voyant passer
Disaient entre eux tout chagrinés: